Lily
La semaine a été épuisante pour moi. Depuis l'épisode de la patinoire, Bill est assez distant avec moi. On est samedi soir, je suis enfin en weekend. J'ai toute la soirée devant moi et je ne sais pas quoi en faire. Je me sens triste en pensant que la semaine dernière, je venais de retrouver Bill. Il était chez moi à cette heure ci. Je monte, et m'effondre sur mon lit. Je reste là, étendue, quelques minutes. Je caresse doucement, sans m'en rendre tout à fait compte, l'oreiller à coté de moi. Celui sur lequel Bill avait dormi. Les larmes aux yeux, je le serre fort contre moi. Je dois avoir l'air d'une gamine pathétique. Tant pis. Oh et puis, non, pas tant pis ! J'en ai plus qu'assez de me lamenter sur mon sort. J'en ai marre de la solitude, de cette atroce impression de ne servir à rien. Stop ! C'est décidé, ce soir, je ne vais m'occuper que de moi. Je commence par me faire couler un bain brûlant comme je les aime. De l'eau jusqu'à ras bord, de la mousse jusqu'au plafond. Je m'immerge totalement pendant quelques secondes, puis je reviens à la surface. Je me sens bien. Je passe plus d'une heure dans le bain. En sortant, je me sens parfaitement détendue. Je passe un peignoir blanc et enroule mes cheveux dans une grande serviette. Je jette un coup d'½il dans le miroir et pouffe de rire. Un masque à l'argile recouvre mon visage. C'est évidemment à ce moment que quelqu'un choisit de sonner à la porte. Je murmure un juron, et décide quand même d'aller ouvrir. Je m'en fous de toutes façons. Je suis chez moi, je fais ce que je veux ! Quelle ne fut pas ma surprise et ma honte lorsque je me retrouvais face à... Bill. Il me regarde d'un air interdit, puis m'explose de rire à la figure. Je suis furieuse, et vexée. Je sais bien que moi même j'ai ris en voyant ma tête, mais y a que moi qui ait le droit !
-Bon ça va, tu vas t'en remettre ?
J'ai parlé d'un ton assez sec et je m'en rends compte immédiatement.
-Excuse moi, faut que j'arrête d'être susceptible comme ça. Tu veux bien m'attendre un peu que j'aille me rendre présentable ?
-Bien sur. Même si je te trouve adorable telle qu'elle.
-C'est ça moque toi ! A tout de suite.
Je monte les escaliers par quatre et arrive dans ma salle de bain. Je rince mon visage et me regarde dans le miroir. J'ai un grand sourire. Je suis si contente de sa visite surprise. Je me maquille légèrement (je ne peux pas m'empécher de vouloir être belle pour lui). J'enfile à la hâte un débardeur et un jean. Je descend les escalier doucement, et vais le rejoindre dans le canapé. Il me regarde, et me sourit.
-Ca va quand même mieux là ! Tu as fait vite.
-Je n'allais pas te faire attendre ! C'est gentil d'être passé. Tu voulais quelque chose en particulier ?
-Oui, être avec toi. Tu m'as manqué cette semaine, j'ai voulu remettre de l'ordre dans mes idées mais je me suis rendu compte que ma seule pensée, c'était toi.
Je suis très touchée par ce qu'il vient de dire. Mais une question me trotte tout de même dans la tête. Pourquoi doit-il remettre de l'ordre dans ses idées ? J'aimerais bien savoir ce qui ce passe dans sa petite tête qui, cela dit en passant, est si mignonne.
-C'est vraiment très gentil. Je suis contente que tu sois là, tu m'as manqué aussi. Ca te dit une soirée crêpes ?
-Excellente idée. Tu as tout ce qu'il faut ?
-Je pense. Attends moi là.
Je me lève et ouvre le frigo, qui est toujours aussi désespérément vide. Mais j'ai tout. La farine, le lait, le sucre.... Et les ½ufs ?
-Euh... Bill ? Je crois que ce sera pas possible ce soir.
Il rappliqua aussitôt à mes cotés et plongea son regard dans le mien.
-Pourquoiiii ?
-J'ai pas d'½ufs...
-Mais je veux des crêpes moi !
Il me fait cet espèce de regard que je déteste tant, ses grand yeux humides qui me supplient et auxquels je ne peux pas résister.
-Bon bon bon ! Il est pas tard, le supermarché du coin est encore ouvert. Tu bouge pas, je fais aussi vite que possible, d'accord ?
-T'es la meilleure. Je t'attends.
Et me voilà partie, bravant le froid, le vent et la neige. Bon, j'en fais peut-être un peu trop. N'empêche, il faisait pas très chaud !
J'entre dans le magasin et m'active à chercher ce qu'il me faut. Je suis en pleine comparaison d'½ufs vraiment très passionnante quand l'entends quelqu'un qui m'interpelle.
-Excusez moi ?
-Oui ?
-Je pense qu'on se connaît. Adeline, c'est ça ?
-C'est bien moi. Votre visage me dit quelque chose, mais...
-Je travaille sur le même lieu que toi. Je peux te tutoyer ? Merci, poursuit-elle sans attendre ma réponse. En fait, on a même déjà fait plusieurs scènes ensemble. Je me souviens très bien de toi.
Génial, je suis en weekend, j'ai pas envie de parler de tout ça. Mais bon, elle a l'air sympa. Grande, brune, aux origines asiatiques visiblement...
-Je m'appelle Céline, au cas où tu l'aurais oublié (c'était le cas). Tu fais quoi dans le coin ? Moi, j'ai été en congé maladie toute la semaine. Oh ne t'inquiète pas pour moi (c'était pas le cas), je vais très bien. J'avais juste envie de prendre un peu de repos et mon médecin n'est pas très difficile à convaincre, si tu vois ce que je veux dire.
Elle éclate d'un rire strident. Cette fille ne me laisse pas en placer une. Je ne l'aime pas beaucoup, elle ne m'inspire pas confiance. Et j'aime pas ses sous entendus stupides avec son médecin. Visiblement, elle ne doit pas se servir de son corps uniquement dans son métier. Enfin bref, je ne comprends pas la raison pour laquelle elle m'a abordé.
-Tu dois te demander pourquoi je viens soudainement te parler ! (sans blague) Hé bien parce que tu étais là et que je t'ai reconnue, tout simplement (c'est bien ma veine...). J'adore nouer de nouvelles amitiés. Ca te dit de venir passer la soirée chez moi ? Mon petit ami n'est pas là, et je m'ennuie.
-Oh je suis désolée, ça aurait été avec plaisir, mais j'ai mon copain chez moi et d'ailleurs je ne vais plus le faire attendre plus longtemps. Tu m'excuseras mais je dois y aller.
-Oh tu as un petit ami ? Comment s'appelle-t-il ?
Je m'apprête à lui répondre lorsque je ressens un mauvais pressentiment. Je ne sais pas du tout quoi, ni pourquoi, mais quelque chose me force à mentir.
-David. Il s'appelle David.
Mais pourquoi ai-je bien pu dire ça ? Pour qu'elle me laisse tranquille, certainement. Je n'ai aucune envie de lui raconter ma vie. Je lui adresse un petit signe de la main et m'éloigne, sans savoir que je viens d'éviter le pire.
Bill
Je suis mort de rire devant la télévision. Ce sont les dessins animés pour enfants, et j'ai un peu honte de moi, mais ça me fait tellement rire !
J'entends Lily ouvrir la porte d'entrée, et je change de chaîne précipitamment. Je m'approche d'elle et ne peux résister à l'envie de l'embrasser dans le cou.
-Tu en as mis du temps !
-Oh oui, je suis tombée sur une fille qui se souvenait de moi. Tu l'as peut-être déjà vue, elle travaille avec moi. Une asiatique, jolie, elle s'appelle Céline...
Je me raidis brusquement. J'ai vraiment pas de chance là.
-Et... Elle t'as dit quoi cette Céline ?
-Bah rien, elle voulait que je passe la soirée avec elle. Mais dis, pourquoi tu fais cette tête ? tu la connais ?
-Euh, oui, et je l'aime pas trop. J'ai eu des histoires avec elle, j'ai pas envie d'en parler. Mais si tu pouvais éviter de lui dire qu'on est à deux, ça m'arrangerait.
-Comme tu veux. De toutes façons, je lui ai dit que mon chéri s'appelait David alors...
-David ? Pourquoi David ? C'est qui lui encore ?
-Personne ! Je sais pas pourquoi, j'la sentais pas cette Céline alors j'ai menti, voilà. Mais tant mieux, non ?
Elle passe ses bras autour de mon cou et m'embrasse. Cette fille est géniale, elle ne cherche pas à tout savoir. Elle ne me demande même pas quelles sont ces histoires que j'ai soit disant eues avec Céline. Heureusement pour moi, d'ailleurs. Mais ça me déchire le c½ur de devoir lui mentir.
-Elle m'invitait pour la soirée parce que son copain n'était pas là. Mais moi j'ai plus de chance qu'elle, j'ai le mien avec moi ! Et ce n'est pas le même, heureusement ! Tu es bien mieux que le sien, j'en suis sûre !
Je manque de m'étrangler. Si elle savait où j'étais les deux nuits précédentes... Elle me sert fort contre elle, et je m'efforce de ne plus y penser. On passe une soirée très sympa, mais parfois, je suis encore ailleurs. Je l'ai échappé belle.
Lily
On est tous les deux dans mon lit. Je souris, il a la tête posée sur l'oreiller que je serrai contre moi il y a quelques heures. Sa respiration, régulière, me berce doucement. J'ai beau être heureuse à cette instant, quelque chose me chiffonne. Ma vie est affreusement monotone. J'ai l'impression que chaque journée est la même. Boulot la journée, et soirée, presque toutes les mêmes. J'ai envie de changer. J'ai envie d'avoir quelqu'un avec moi. J'ai envie de...
-Biiiillllll ! J'ai envie d'avoir un chien !
L'intéressé me regarde d'un air tout endormi.
-T'as envie d'un chien, maintenant, à une heure du matin ?
-Oui !
-T'as vraiment des envies bizarres...
-Mais non ! C'est super un chien ! Tu rentres chez toi t'as quelqu'un qui t'attends, et en plus t'as quelqu'un a qui faire des caresses, des câlins...
-Mais tu m'as moi, pour ça, dit-il en souriant.
Je lui souris à mon tour, et je l'embrasse.
-Oui, mais j'ai envie d'un chien.
-Tu me fais l'effet d'une sale gosse capricieuse.
-M'en fiche. Je veux...
-Oui oui, j'ai compris. Tu l'auras ton chien ! Mais demain. En attendant, tu dors ! Demain on se lève, et je t'emmène directement à l'animalerie. Mais maintenant, plus un bruit.
-T'es le meilleur mon chéri !
Je suis toute excitée. J'ai toujours eu envie d'avoir un chien, et je n'en ai jamais eu. Je finis quand même par m'endormir, épuisée, vers 5h du matin.
Bill
Cette fille m'étonnera toujours ! Ca lui vient d'un coup, une idée comme ça ! Nous sommes devant une grille remplie de chiots plus mignons les un que les autres. Je l'écoute depuis 20 minutes s'exclamer devant.
-Bon, t'as choisis ?
-Arrête un peu de ronchonner ! Ils sont tous plus adorables les uns que les autres, je prends mon temps !
Je hausse les épaules et la préviens que je vais faire un tour. Elle ne me répond même pas, trop occupée à admirer les animaux. Tant pis. Je continue mon chemin. Des chats, des hamsters des...
-Psss !
C'est moi ou quelqu'un m'appelle ?
-Hey, Bill, par là !
Je me sens soudain tiré en arrière et poussé contre un mur. Des lèvres chaudes et sensuelles s'emparent vivement des miennes. Je me recule.
-Céline ! Mais enfin, qu'est-ce que tu fais là ?
-Je t'espionnais. Ce n'est pas par hasard que je suis tombée sur l'autre hier soir. Je t'ai vu rentrer chez elle, alors que je t'attendais à la sortie du plateau. Alors comme ça tu aimes les doubles relations ?
-Non c'est... C'est pas ce que tu crois. Ecoute, je suis désolé si je vais te faire de la peine, mais c'est avec Lily que je veux être. Tu...
-Tu l'appelles Lily ? Comme c'est touchant. Bon, écoute, pour être franche, ce petit jeu m'ennuie. Tu ne me fais pas de peine du tout. J'en ai marre de jouer l'amoureuse éperdue. Mais tu ne vas pas me quitter comme ça, Bill Kaulitz. Je ne t'en donne pas le droit. J'ai envie de rester avec toi, un point c'est tout.
Je suis soufflé. Non mais pour qui elle se prend ?
-Je serais avec toi si je veux ! Et en fait, je ne veux plus ! C'est fini nous deux. Je suis avec Lily, et je suis bien avec elle. Vas t'en maintenant.
Je suis soulagé. La vérité a enfin éclaté, et elle ne l'a pas du tout pris comme je me l'imaginais. Je m'étais bien trompé sur son compte. Tant mieux. Je pense que tout va s'arréter la, lorsqu'elle se penche vers mon oreille et me siffle quelques mots d'un ton menaçant :
-Ta chère et tendre Lily, qui fait pitoyablement joujou avec les chiots, est-elle au courant de l'endroit où tu as passé la nuit il y a quelques jours ? Je ne pense pas. Alors mon chou, tu as le choix. Soit tu me quittes, et je lui raconte tout, soit tu viens chez moi, disons... Au moins deux nuit par semaine, et je la laisse en dehors de tout ça.
-Tu n'oserais pas...
-Tu crois ça ?
Elle a un sourire machiavélique. Je ressens un flot de haine m'envahir, mais je ne peux rien faire. Je suis pris à mon propre piège.
-Tu n'es qu'une garce.
-Je sais, chéri. Alors, marché conclu ?
-Tu crois que j'ai vraiment le choix ?
-Non. Je t'attendrais, cette semaine. Viens le soir que tu veux.
Elle me vole un dernier baiser, et disparaît. Il était temps, Lily s'avance vers moi avec un grand sourire, un chiot dans les bras.
-Il est beau, hein ?
-Très.
L'animal est tout petit. Il ressemble beaucoup à un Jack Russel, mon chien préféré. Il est vraiment adorable.
-Il s'appelle Shuya.**
-Shuya comme dans Battle Royale ?
-Oui. Au début je voulais que ce soit Kiriyama, mais pour un chien, c'est vraiment trop long.
J'approuve. Shuya se met soudain à aboyer dans les bras de Lily, qui éclate de rire.
-On dirait un vrai petit couple comme ça ! Toi, moi, et Shuya notre bébé !
Elle me prend la main tendrement. Je ne me suis jamais senti aussi mal.
**Dédicace à Adeline lol
PS : Adeline j'dois t'avouer un truc... t'avais pas à être impressionnée j'ai été regarder les noms dans allociné :$ loll